Il est dĂ©sormais de bon ton de parler de dĂ©-globalisation au travers de discours politiques et dâune volontĂ© de repli sur soi Ă dĂ©faut de parler de protectionnisme ou autres chimĂšres protectionnistes. Il faut dĂ©sormais diaboliser un monde ouvert, mettant au rebut ce que nous avons magnifiĂ© prĂ©cĂ©demment. Ce monde ouvert a pourtant profitĂ© Ă nombre dâentreprises occidentales et soutenu la croissance mondiale, via lâimpĂ©ratif de certains Ă©mergents de sâĂ©quiper ainsi que la montĂ©e en puissance exponentielle de nouvelles classes moyennes.
Cette diabolisation, parfois justifiĂ©e par des dĂ©rĂšglementions, est, nâen doutons pas amplifiĂ©e par de nouveaux lobbyistes qui voient dans ce nouveau repli sur soi, la possibilitĂ© de nouveaux marchĂ©s.
La diabolisation amplifie le bruit rĂ©el et sâaccompagne dâun retour en arriĂšre sociologique oĂč la permissivitĂ© parfois normale dâhier, devient le dĂ©faut dâaujourdâhui.
De fait, les échanges mondiaux, qui ont crû réguliÚrement au cours de deux derniÚres décennies, se contractent fortement, aidés par une guerre commerciale appelée à durer.
Diminuer le taux de carbone en produisant au plus prĂšs du consommateur nâest pas une mauvaise idĂ©e, Ă condition dâĂȘtre capable de produire en quantitĂ© nĂ©cessaire, avec un coĂ»t compĂ©titif, et une main dâĆuvre appropriĂ©e. Sinon, ce sera le consommateur qui en supportera le renchĂ©rissement du prix ou les entreprises qui limittront inexorablement leurs marges. Mais cette diabolisation vient Ă bon escient Ă la bouche de bon nombre de politiques, qui ont laissĂ© faire tant dâannĂ©es une forme inhumaine de libĂ©ralisme oĂč la valeur du travail devenait peccadille face aux profits financiers. Y trouvent-ils un moyen de se racheter une vertu, ou de pallier au plus vite Ă la satisfaction dâun Ă©lectorat déçu et peu au fait des impĂ©ratifs dâun monde en mutation ?
Ce retour « Ă la maison » appelĂ© encore Patriotisme Ă©conomique par le PrĂ©sident Trump pourrait avoir des vertus sâil impliquait des plans dâinvestissements consĂ©quents pour prĂ©parer lâavenir. Ce qui, du reste, est rĂ©clamĂ© inlassablement par certains banquiers centraux.
Entre Globalisation Ă outrance et diabolisation, il en est comme de toute chose un juste milieu qui pourrait se traduire par la rĂ©intĂ©gration de lâhomme comme premier capital de toute sociĂ©tĂ© libĂ©rale.
Ceci Ă©viterait de voir une pĂ©riode dâexpansion incroyablement longue aux Etats Unis, qui serait probablement peu dynamique Ă lâavenir, mais qui aura vu en mĂȘme temps le nombre de pauvres exploser.
Edito (suite) : Donât fight the FED !
Cette maxime est bien connue depuis de nombreuses annĂ©es. « Ne vous battez pas contre la banque centrale amĂ©ricaine (FED) » et encore moins en ce moment, oĂč ce nâest pas seulement la FED qui cherche Ă maintenir une croissance nonchalante mais Ă©galement de nombreuses institutions monĂ©taires, Ă travers le monde. Il est vrai que les indicateurs Ă©conomiques ne traduisent pas une embellie avec des indices PMI manufacturiers qui viennent de passer sous la barre des 50 (niveau de croissance), mais dont il faut relativiser lâimpact car le secteur manufacturier ne reprĂ©sente plus quâun modeste pourcentage du PIB. De plus, ces mĂȘmes indices calculĂ©s sur un plus grand nombre dâentreprises (PMI Markit) prĂ©sentent une meilleure configuration, moins pessimiste. Il est un fait que lâĂ©conomie mondiale ralentit aussi bien Ă cause dâune guerre commerciale durable mais aussi en raison de la formidable pĂ©riode dâinvestissements passĂ©e qui nĂ©cessite logiquement une pause durable. Sâadditionnent toujours Ă cela, les risques gĂ©opolitiques et la dĂ©sormais totalement incomprĂ©hensible politique britannique.
Sans nos amis banquiers centraux, il serait des plus tĂ©mĂ©raires dâinvestir en actions sachant que les alternatives de placement sont dĂ©sormais comme des « terres rares ».
Octobre est un mois qui laisse des souvenirs amers et rester investi sans se surexposer dans un tel environnement nĂ©cessite dâaccepter encore et toujours plus de volatilitĂ©.
Mais rappelons que certaines entreprises continuent de bĂ©nĂ©ficier de lâappĂ©tence des consommateurs et offrent particuliĂšrement en Europe des dividendes bien supĂ©rieurs aux taux des marchĂ©s obligataires.
VolatilitĂ©, nĂ©e de lâenvironnement Ă©conomique, des propos de Boris Johnson ou du plus grand « twittman » de lâhumanitĂ©, Ă savoir le PrĂ©sident Trump qui exerce son « talent » gĂ©nĂ©ralement entre deux parties de golf. Mais volatilitĂ© aussi, due Ă lâabsence dâinvestisseurs finaux laissant libre cours Ă la gestion passive, aux arbitragistes et autres traders.
Ceux-ci provoquent des décalages de cours parfois injustifiés, aidés aussi par une liquidité peu abondante, comme ce fut le cas pour une société cotée annonçant encore trois nouvelles grosses commandes confortant son avenir radieux, mais dont le cours de bourse a reculé de plus de 4% sur une séance sans aucune justification.
Tout ceci a de quoi lasser lâinvestisseur fĂ©brile, Ă©nerver le gĂ©rant de fonds mais certainement pas le « fin » connaisseur du dossier.
Nous nâentrevoyons pas de rĂ©cession dans les mois Ă venir quant Ă prĂ©voir un Krach comme Ă©voquĂ© par de nombreux experts de la prĂ©vision, lâhistoire nous prouve quâil vient toujours par surprise, lĂ oĂč on ne lâattendait pas.
En attendant, le discours des banquiers centraux est clair dans leur volontĂ© de soutenir le peu de croissance existante, donc « Donât fight the FED », et de toutes façons, octobre nâa que 31 jours.
Contexte actuel (08/10/2019) : Blues dâautomne et actions concertĂ©es
Le mois de septembre a Ă©tĂ© plutĂŽt propice aux diffĂ©rents marchĂ©s laissant espĂ©rer que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ainsi, Ă fin septembre, ils affichent des hausses depuis le dĂ©but de lâannĂ©e de lâordre de 20.02% pour le CAC40, 18.93% pour lâEUROSTOXX50, 15.39% pour le DOW JONES et 18,74% pour le S&P. La plupart de ces indices affichent de belles hausses sur le mois comprises entre +1.19% pour le S&P500 et le DOW et +4.16% pour lâEurostoxx50 +3.60% pour le CAC).
Mais ces deux derniĂšres semaines furent un peu plus compliquĂ©es, avec dâune part, une action concertĂ©e de la plupart des banques centrales incluant de nouvelles mesures trĂšs accommodantes, mises en place pour principalement soutenir leurs Ă©conomies, dont le ralentissement se confirme au grĂ© des chiffres macro-Ă©conomiques. Dâune autre part, la hausse de septembre a Ă©tĂ© annulĂ©e avec lâannonce de lâindice du secteur manufacturier amĂ©ricain (ISM) qui pour le deuxiĂšme mois consĂ©cutif a Ă©tĂ© publiĂ© en deçà des 50, suivi dâune lĂ©gĂšre dĂ©ception pour lâindice du secteur des services en dessous du consensus attendu. Ces indices sont des indicateurs importants pour les investisseurs, qui nâaiment pas les voir baisser en mĂȘme temps. Heureusement, le taux de chĂŽmage amĂ©ricain, publiĂ© ensuite sâest voulu rassurant avec un plus bas niveau depuis 50 ans.
Du cotĂ© du pĂ©trole, il nâaura fallu que trois semaines pour que les cours reviennent en dessous de leurs niveaux dâavant attaque en Arabie Saoudite, aprĂšs leur envol, suite Ă cet Ă©vĂšnement.
Les nĂ©gociations entre amĂ©ricains et chinois doivent reprendre cette semaine, alors que la guerre commerciale quâils se livrent commence Ă faire sentir ses rĂ©els effets sur les deux Ă©conomies.
LâinsolvabilitĂ© de certaines entreprises commence Ă poindre, avec des entreprises comme Thomas Cook qui nâont pas rĂ©ussi Ă se refinancer.
Enfin, le brexit semble avoir fait un pas de plus en avant vers une sortie sans accord (« no deal »), alors que ce jour, dans une interview, le président de la commission européenne, Mr Juncker, fustige le jeu joué par Londres.
La pĂ©riode des rĂ©sultats amĂ©ricain va bientĂŽt sâouvrir, et permettra dâapprĂ©cier le poids des effets directs et indirects que la guerre commerciale sino-amĂ©ricaine pĂšse sur les sociĂ©tĂ©s.
Que penser du contexte actuel ? Face au stress et à la détresse générale sur les marchés les banques centrales sont présentes.
Rien de changĂ© par rapport au mois dernier. Le mĂȘme sentiment de paradoxe rĂšgne, dâautant plus que le ralentissement se confirme et que lâon aperçoit autant de signaux nĂ©gatifs que de positifs.
Quelques petites craintes de rĂ©cession apparaissent, confortĂ©e par le mouvement sur le pĂ©trole que nous dĂ©crivions plus haut, qui pour certain, est un fort signal que la croissance nâest plus. En effet, la baisse des cours du pĂ©trole semble ĂȘtre dĂ»e aux anticipations de moindres demandes liĂ©es au ralentissement. Dâautres en revanche, ont la certitude quâune rĂ©cession ne pointera pas Ă un quelconque horizon, car ils privilĂ©gient le scĂ©nario dâune croissance molle mais persistante (« Japanisation » des Ă©conomies), soutenue Ă bout de bras par les mesures des banques centrales, et potentiellement relĂ©guĂ©es par des politiques importantes dâinvestissement dans les infrastructures, ou de baisse dâimpĂŽts des particuliers. Cette derniĂšre arme, pourraient ĂȘtre utilisĂ©e par Trump durant le second trimestre 2020, afin de donner un coup de fouet Ă sa campagne pour sa réélection.
Quant Ă un possible accord entre la chine et les USA Ă lâissue des nĂ©gociations qui vont repartir le 10 octobre, rien nâest moins sur ni impossible. Cette guerre ressemble de plus en plus Ă un divorce qui nâen fini pas, avec un coup la chine qui veut nĂ©gocier et un autre les usa, mais pour le moment, aucun ne souhaite dâissue favorable en mĂȘme temps. Avec la procĂ©dure dâimpeachment qui pĂšse sur Trump, les chinois pourraient ĂȘtre tentĂ©s Ă prĂ©sent de jouer la montre, alors que Trump vient de dĂ©clarer quâil souhaitait un accord global ! NĂ©anmoins, les chiffres Ă©conomiques parlent dâeux-mĂȘmes et pourraient inciter les deux blocs Ă finalement sâentendre avant de plonger le monde en rĂ©cession. Nous restons persuadĂ© quâun accord sera trouvĂ©, mais Ă trop avoir voulu jouer la montre, Trump risque de se retrouver Ă prĂ©sent dans un Ă©tat temporaire de faiblesse qui pourrait compromettre des chances dâaccord. Lâissue dâun tel match pourrait alors voir le jour au dĂ©but 2020, pour raison Ă©lectorale « of course » !
Nous avons mentionnĂ© Thomas Cook prĂ©cĂ©demment, entreprise qui nâa pas rĂ©ussi Ă se refinancer, malgrĂ© un environnement oĂč les liquiditĂ©s abondent et oĂč les investisseurs sont pourtant Ă la recherche du moindre excĂšs de rendement. En effet, les taux nĂ©gatifs ont permis Ă un plus grand nombre dâentreprise de combler leurs besoins en financement, souvent sans que le prĂȘteur nâai « prĂȘtĂ© » dâattention suffisante en regard de son rating. Mais aux vues des conditions actuelles du marchĂ© obligataire, oĂč il faut aller chercher dans du « B » ou du « CCC » pour avoir du rendement, lâinvestisseur semble soudainement se reconcentrer sur son principal souci qui est celui de rĂ©cupĂ©rer son capital de dĂ©part. Aussi, cet exemple parmi dâautres, met Ă jour des problĂšmes de solvabilitĂ© que les liquiditĂ©s trop abondantes semblaient avoir mis de cĂŽtĂ©.
Pour ajouter au stress actuel des marchĂ©s, dont la volatilitĂ© augmente au fur et Ă mesure des publications des chiffres macro-Ă©conomiques que nous avons Ă©voquĂ©s prĂ©cĂ©demment, il y a le brexit et son risque accru de « no deal » que nous dĂ©crivions le mois dernier comme un possible outsider ! Cette ombre qui plane aussi bien sur la tĂȘte des europĂ©ens que des anglais, mais avec de plus gros effets pervers sur ces derniers, est un facteur de stress supplĂ©mentaire pour une Europe qui subit un ralentissement de ses Ă©conomies directrices.
Entre temps, en attendant les bons effets des futures « mesures Ă©lectorales » de Trump, dâune digestion du brexit et dâun lĂ©ger mieux sur les chiffres macro-Ă©conomiques qui devraient nĂ©anmoins se reprendre, les banques centrales viennent Ă la rescousse, en pratiquent de nouvelles politiques accommodantes ou en injectant des liquiditĂ©s pour Ă©viter des mini crash bancaires. Leur volontĂ© se porte plus sur un rĂ©el soutient aux Ă©conomies que sur celle de faire baisser les taux coute que coute. Elles espĂšrent Ă©galement que les gouvernements prendront des mesures de relance adĂ©quates, dâautant plus que les taux bas se prĂȘtent Ă des politiques de dĂ©pense !
Aussi, comme cela est mis en exergue dans lâĂ©dito, lâheure nâest peut-ĂȘtre pas à « fighter » les banques centrales, et mĂȘme si lâhumeur des marchĂ©s reste maussade en ce dĂ©but octobre, elle passera bien Ă un moment. Soit parce que les marchĂ©s qui sont sous-investis en actions trouveront que le mouvement de consolidation a Ă©tĂ© suffisant pour reprendre du risque, soit parce que de moins mauvaises nouvelles, suite aux publications des sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines, viendront conforter les investisseurs que les actions ne sont finalement pas si chĂšres, ou simplement parce quâĂ fin octobre, la FED rebaissera Ă nouveau ses taux, ce que beaucoup dâinvestisseurs attendent.
Les marchĂ©s vont donc continuer Ă ĂȘtre tiraillĂ©s entre des bonnes et des moins bonnes nouvelles, inciter les investisseurs Ă prendre de plus en plus de risque pour gagner de moins en moins de rendement, tout cela, dans un contexte dâincertitude politique contrebalancĂ© par une protection Ă la baisse du fait des actions des banques centrales. Ceci ne nous incite pas Ă modifier pour le moment, notre positionnement neutre en actions, tout en nous tenant prĂȘt Ă saisir toute opportunitĂ© qui se prĂ©senterait.
Quelle politique dâinvestissement mettre en place ? Nous maintenons notre pondĂ©ration quasi neutre en actions.
Pour plus dâinformation sur nos services et nos allocations :
Achevé de rédiger le 8 octobre 2019 par Pascal BERNACHON et Olivier BLITZ
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