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Note de juillet 2019

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Edito : Trump ou tromperie ?

Il aura fallu attendre la fin du mois de juin, lors du G20, pour entrevoir un ton bien plus conciliant de la part du PrĂ©sident des Etats-Unis vis-Ă -vis de la Chine. Au mĂȘme moment, il profĂ©rait des menaces sur certaines exportations europĂ©ennes, « Same player shoot again ».

Ne croyons pas pour autant que la guerre commerciale avec le grand rival chinois soit terminĂ©e. Mais Mr Trump n’a pas eu d’autre choix que de prendre en compte les multiples signaux de ralentissement Ă©conomique donnĂ©s par les diffĂ©rents indicateurs allant de l’ISM manufacturier aux crĂ©ations d’emplois, en passant par le marchĂ© immobilier. Difficile donc pour lui de se lancer dans une quĂȘte de second mandat avec le risque que le miracle Ă©conomique des deux premiĂšres annĂ©es tombe aux oubliettes.

Les effets de la rĂ©forme fiscale s’attĂ©nuent en toute logique et la manne pĂ©troliĂšre du « Shale Oil » montre des signes d’épuisement, avec des puits dont les rĂ©serves s’épuisent bien plus rapidement qu’escomptĂ© et des coĂ»ts d’exploitation en hausses rĂ©guliĂšres. Mais M. Trump trouvera, de toute Ă©vidence, des excuses ou des coupables Ă  ce ralentissement inĂ©vitable, Ă  commencer par la RÉSERVE FÉDÉRALE, accusĂ©e de maintenir des taux trop Ă©levĂ©s.

Le ralentissement est gĂ©nĂ©ral, preuve en est des indices manufacturiers chinois ou europĂ©ens, ce qui n’est en rien illogique, d’autant plus si une partie de celui-ci rĂ©sulte des perturbations liĂ©es aux Ă©changes mondiaux. Il est aussi la consĂ©quence d’une croissance passĂ©e en accĂ©lĂ©ration, aidĂ©e par la liquiditĂ©. Mais l’ñne a-t-il encore soif ou a-t-il simplement besoin d’une pause ?

Hormis quelques pays en voie de rattrapage comme le Vietnam, la Roumanie, et certains pays d’Afrique, l’arrivĂ©e Ă  maturitĂ© de nombres d’autres zones appelle inexorablement Ă  une croissance molle accompagnĂ©e de grandes longues, mais lentes, mutations


Il en est de mĂȘme pour le consommateur qui, en dĂ©pit d’indices de confiance Ă©levĂ©s, de gains de pouvoir d’achats favorisĂ©s dans l’OCDE par un marchĂ© du travail porteur, déçoit par sa faible consommation.

Les investisseurs espĂ©raient un second semestre marquant un rebond de l’activitĂ© et, il est probable que nous ne puissions assister qu’à un lĂ©ger mieux, Ă  l’instar du secteur automobile oĂč la venue de nouveaux modĂšles (Peugeot/Renault) et les assouplissements rĂ©glementaires en Chine, inversent la tendance baissiĂšre de cette industrie. Mais lĂ  non plus, n’espĂ©rons pas un retour Ă  la croissance des ventes passĂ©es. Alors faut-il passer son temps Ă  parier sur l’ampleur et le timing de baisse des taux des banques centrales ? Deux fois 25 centimes pour la FED ? un nouveau QE ou 10 centimes pour la B.C.E ?

L’essentiel nous apparaĂźt bien plus dans le fait que la baisse des taux est inscrite pour les mois Ă  venir et traduit deux certitudes. La premiĂšre Ă©tant que l’inflation est durablement faible et la seconde que la croissance restera modĂ©rĂ©e. Ce que le marchĂ© obligataire a parfaitement intĂ©grĂ© en amenant une fois de plus les taux longs en territoire nĂ©gatif pour certaines dettes souveraines et sur des plus bas pour d’autres comme aux Etats-Unis. De tels niveaux facilitent la poursuite du crĂ©dit et les entreprises poursuivent leurs investissements, particuliĂšrement en France, oĂč l’endettement atteint des niveaux historiques, sujet d’inquiĂ©tude pour le FMI par ailleurs.

Ces investissements sont-ils effets d’aubaine ou d’optimisme des chefs d’entreprises sur le futur ?
Car l’argent pas cher incite au crĂ©dit mais gĂ©nĂ©rera-t-il Ă  terme des gains de productivitĂ©, l’absence de hausse des taux de dĂ©faut et un retour sur capitaux employĂ©s si les taux Ă©taient appelĂ©s Ă  remonter ?

Rien de dramatique tant que les conditions de financement restent aussi basses, comme évoqué ci-dessus, les banquiers centraux semblent en prédire la durabilité.

Mais rien n’est inscrit Ă©ternellement dans le marbre. Si les facteurs structurels militent dans ce sens, la gĂ©opolitique peut Ă  tout moment provoquer des tensions sur les cours de l’or noir ou autres matiĂšres premiĂšres, influençant temporairement l’inflation globale et donc nĂ©gativement les marchĂ©s obligataires qui ont reçu sans discontinuitĂ© des flux entrants.

Mr Trump ne nous trompera pas longtemps. Il reprendra inĂ©vitablement un discours plus offensif, bien conscient que le leadership amĂ©ricain est derriĂšre lui. Il trouvera d’autres coupables, d’autres combats, Ă  commencer par celui de la guerre des monnaies impliquant la surĂ©valuation du dollar, au risque de voir la premiĂšre devise du Monde partager le podium avec le Yuan et les autres monnaies de rĂ©serve. Un dollar faible n’aurait du reste de l’intĂ©rĂȘt si les Etats-Unis Ă©taient un grand exportateur (hors aĂ©ronautique et matĂ©riels militaires). Sinon, la baisse de la devise amĂ©ricaine sera un nouveau fardeau pour le consommateur amĂ©ricain sur la multitude des produits importĂ©s.

Dans ce contexte, les marchĂ©s actions montrent une rĂ©sistance Ă  toute Ă©preuve et particuliĂšrement les indices de Wall Street surfant sur de nouveaux records. Ce n’est pas pour autant un emballement haussier et ce sont encore les valeurs dĂ©fensives et non pas l’ensemble des secteurs qui tirent la cĂŽte vers le haut. De mĂȘme, les flux se concentrent plus sur des gestions passives (ETF) que sur de la gestion active. Il faudrait pour cela que l’activitĂ© Ă©conomique nous montre que les points bas ont Ă©tĂ© atteints redonnant alors un peu de lustre aux valeurs cycliques. Si les marchĂ©s actions sont dans une phase terminale de la longue sĂ©quence de hausse, la politique des banques centrales leurs offre une possibilitĂ© de sursaut qu’il faut savoir mettre Ă  profit. Une lĂ©gĂšre repondĂ©ration de l’exposition semble porteuse pour ce dĂ©but de second semestre, tout en restant mobile et sachant sans hĂ©sitation prendre ses profits.

Contexte actuel (07/07/2019) : Retour des marchĂ©s actions au-dessus des hauts niveaux de fin avril 2019 
   

En fin de compte, il ne fallait pas trop s’écarter du chemin des marchĂ©s actions en mai, car le mois de juin leur fut plutĂŽt propice. La plupart des indices boursiers internationaux sont sur leurs plus hauts niveaux de l’annĂ©e, revenant, voire dĂ©passant les hauts niveaux atteints fin avril. Ainsi, Ă  fin juin, ils affichent des hausses depuis le dĂ©but de l’annĂ©e de l’ordre de 17,09% pour le CAC40, 15,73% pour l’EUROSTOXX50, 14,03% pour le DOW JONES et 17,35% pour le S&P. La plupart de ces indices affichent des hausses de plus de 6% (hormis l’Eurostoxx50 de +5,89%) rien que sur le mois de juin.

Aussi paradoxalement que cela puisse ĂȘtre, les taux des marchĂ©s obligataires ont continuĂ© leur baisse, Ă  l’instar de celle initiĂ©e au cours du mois dernier, pour continuer, dans le cas des marchĂ©s europĂ©ens, leur incursion en territoire nĂ©gatif. De plus, pour la premiĂšre fois depuis son existence, le 10 ans français offre un rendement nĂ©gatif de l’ordre de -0,06% Ă  fin juin 2019. Le Bund (10 ans allemand) Ă  quant Ă  lui continuĂ© sa baisse pour atteindre un rendement de -0,328%, tandis que le TBOND (10 ans US) flirt sur les niveaux de 2% (2,007% Ă  fin juin 2019). Le marchĂ© attend une baisse de 0,25% de la part de la FED d’ici fin juillet, et probablement une autre baisse d’ici la fin de l’annĂ©e, mĂȘme si des statistiques US publiĂ©s en fin de semaine derniĂšre montrent que l’économie US est toujours forte. Il en va de mĂȘme pour les taux europĂ©ens mais dans une moindre mesure (0,1/0,2% de baisse attendue d’ici la fin de l’annĂ©e)

Les attentes des Ă©conomistes, restent inchangĂ©es sur la croissance US qui devrait rester bien orientĂ©e cette annĂ©e (2,5% en moyenne attendue pour 2019 et entre 1 et 1,9% pour 2020) avec un niveau d’emploi qui devrait baisser sensiblement et une inflation « core Â» qui devrait revenir vers les niveaux de 2% d’ici l’annĂ©e prochaine, tandis que pour l’Europe, les anticipations de croissance ont encore baissĂ©e dues aux effets gĂ©opolitiques et Ă  la faiblesse de la croissance mondiale pour descendre Ă  1,2/1,3% pour dĂ©but 2020.

Contexte actuel (07/07/2019) : 
 avec interrogation sur la continuité de la baisse des taux et sur la prochaine croisade de Trump.

L’heure n’est donc plus Ă  la politique de « normalisation Â» des taux pour les banquiers centraux mais Ă  la prĂ©vention (dĂ©tente) face aux incertitudes Ă©conomiques et Ă  une inflation toujours faible. Cela s’applique Ă©galement sur les taux longs qui comme nous l’avons mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment voient leurs rendements continuer Ă  baisser sans espoir de rebonds tant que l’inflation ne se redressera pas, ni l’activitĂ© globale d’ailleurs.

Suite au G20 et aux reprises des discussions entre les amĂ©ricains et les chinois, le prĂ©sident amĂ©ricain calmant un important front, n’a pas pu s’empĂȘcher d’en rouvrir d’autres en pointant du tweet l’Europe et une devise amĂ©ricaine trop Ă©levĂ©e. Il est clair que les acteurs des marchĂ©s ne vont pas ignorer ces signaux, car l’histoire, certes courte, du rĂšgne de Trump a montrĂ© que tous les grands axes qui ont Ă©tĂ© abordĂ©s au travers de tweets clairement ciblĂ©s se sont rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  la lumiĂšre du jour dans les mois qui ont suivis.

Sur les marchés actions qui finissent le 1er semestre 2019 sur des plus hauts, les spécialistes des marchés se posent de façon continue la question de valorisation de ceux-ci et de leurs niveaux de volatilité (graphe 1), de qui détient/achÚte les actions (graphe 2 et 4) et de récompense par rapport au risque pris (graphe 3) sur les niveaux de dividendes versés). Quelques graphiques empruntés à Natixis ci-aprÚs illustrent plus concrÚtement ces points :

Que penser du contexte actuel ? Des taux encore et toujours trop bas…

Trump a surement dĂ» lire l’histoire europĂ©enne, du moins ses proches conseillers, car il ne souhaite pas ouvrir trop de fronts Ă  la fois, tactique qui fut fatale au cours du temps pour de fameux empereurs, aussi bien avant JC qu’aprĂšs. Aussi, Ă  peine la reprise des nĂ©gociations avec la Chine est annoncĂ©e que des tweets annoncent les prochaines cibles qui devraient servir les thĂšmes de sa campagne, Ă  savoir, l’Europe et le niveau Ă©levĂ© de la devise nationale (le Dollar amĂ©ricain).

Également, l’Europe doit se prĂ©parer Ă  ĂȘtre la prochaine cible US de la « guerre commerciale interminable Ă  la Trump Â», avec en arriĂšre-plan un euro qui, il y a fort Ă  parier, va se renforcer face au dollar.

Les attentes de baisse de taux de la FED devraient, en tout cas, contribuer Ă  cette prochaine tendance, mĂȘme s’il est vrai que, la diffĂ©rence de rendement rĂ©elle reste encore en faveur du dollar. Cependant, comme nous le mentionnions ci-avant, ce que juge Trump de bon pour l’AmĂ©rique, il parvient au dĂ©triment de tout bon entendement Ă  l’avoir, que cela ait des impacts positifs ou non pour son pays. La stratĂ©gie globale n’est pas si mauvaise en elle-mĂȘme, tout d’abord on rapatrie la production aux pays (les USA) et ensuite on fait baisser la devise pour mieux exporter. Du point de vue « Ă©lectoral Â», cela peut et va sĂ»rement porter ses fruits, car si l’on prend une photo de la situation amĂ©ricaine Ă  prĂ©sent, il est clair qu’elle est plutĂŽt dans une belle forme depuis Trump (que cela soit de son fait ou non). Mais n’allons-nous pas vers une immense « gueule de bois Â» une fois la fĂȘte terminĂ©e ?

À cette question, nous avons des banquiers centraux qui essayent dĂ©sespĂ©rĂ©ment d’éviter le pire face aux politiques « Ă©lectoralistes Â» des dirigeants des principaux pays, et qui se sont positionnĂ©s en mode « prĂ©vention Â», c’est-Ă -dire qui font tout pour maintenir des conditions de facilitation des Ă©changes et investissements Ă©conomiques. En baissant les taux, ils arrivent encore Ă  faire monter les marchĂ©s actions, et Ă  maintenir un niveau de confiance sur les marchĂ©s, mais voir des investisseurs se ruer sur des placements Ă  taux nĂ©gatifs (avant dĂ©compte de l’inflation) reste un fort signal dont les professionnels redoutent clairement les effets secondaires Ă  venir liĂ©s Ă  ces mesures.

Que penser du contexte actuel ? 
 apportent paradoxalement encore des opportunités sur les marchés actions, mais, pour encore combien de temps ?

Nous avons largement abordĂ© ce sujet dans notre Ă©dition prĂ©cĂ©dente de dĂ©but juin, et n’allons pas nous rĂ©pĂ©ter. Les marchĂ©s considĂšrent que les banquiers centraux, qui ont fait leurs preuves dans des contextes de fortes crises, sont Ă  nouveau bien aux commandes afin d’éviter le pire. En outre, les marchĂ©s actions continuent leurs hausses sur un son dĂ©jĂ  entendu du type « whatever it takes
 Â». Pour autant, nous ne considĂ©rons pas que ce refrain ait la mĂȘme intensitĂ© Ă  prĂ©sent, car nous avons largement mangĂ© notre pain blanc. Pour sĂ»r, la rĂ©cession n’est pas pour demain, mais des premiers signaux de faiblesse commencent Ă  poindre de çà et lĂ . Rien d’alarmant pour le moment, d’autant que nos « anges gardiens Â» viennent de changer considĂ©rablement la donne du jeu en abaissant les taux lĂ  oĂč il y a Ă  peine trois mois tout le monde Ă©tait persuadĂ© qu’ils allaient monter. Qui plus est, l’étĂ© devrait ĂȘtre plus calme qu’attendu. NĂ©anmoins, nous ne pourrons pas blĂąmer ceux qui ont ou vont baisser leur exposition aux risques aprĂšs un premier semestre ayant largement rattrapĂ© la baisse de l’annĂ©e passĂ©e. Pourquoi prendre davantage de risque Ă  prĂ©sent, pour espĂ©rer gratter quelques pourcentages de hausses supplĂ©mentaires, alors que la baisse de la liquiditĂ© liĂ©e aux congĂ©s estivaux va augmenter encore plus la volatilitĂ© des marchĂ©s ?

Mais, nous pensons qu’il faut conserver une exposition aux risques actions, de façon mesurĂ©e (neutre pour notre part) ainsi qu’au crĂ©dit, car dans le contexte actuel, il devient trĂšs difficile de gagner de l’argent sur les taux. Une lĂ©gĂšre faiblesse du dollar pourrait permettre une surperformance de la partie Ă©mergente des portefeuilles, sur laquelle nous continuons de privilĂ©gier la dette aux actions.

Faut-il craindre une forte baisse des marchĂ©s actions et autre, comme pas mal d’articles, de blog ou d’intervenants des marchĂ©s laissent Ă  penser ? Ce scĂ©nario n’est malheureusement plus improbable dans les deux ans Ă  venir, mais pas pour le court terme selon notre avis. Il est encore trop tĂŽt pour que les marchĂ©s se mettent Ă  anticiper une rĂ©cession, et pour le moment, la pĂ©riode Ă©lectorale amĂ©ricaine et les banques centrales sont lĂ  pour la prĂ©venir, voir en repousser l’échĂ©ance.

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