Contexte actuel (07/01/2019) : Une annĂ©e 2018 Ă oublier âŠÂ
LâannĂ©e boursiĂšre 2018 qui vient de sâachever, aura sĂ»rement marqué les esprits pour avoir dĂ©buter sur un consensus haussier quasi unanime et finir dans un consensus fortement baissier, anticipant au-delĂ de la baisse de la croissance une potentielle rĂ©cession. Les craintes, dâun retour de lâinflation, de guerre commerciale, de hausse discontinue des taux US, de problĂšmes liĂ©s Ă la dette italienne, de non-accord sur le Brexit, des consĂ©quences de la normalisation des politiques monĂ©taires, de risques politiques liĂ©s au retour du populisme⊠ont durant toute lâannĂ©e, alimentĂ© le retour de la volatilitĂ©, sans pour autant avoir eu de rĂ©els effets sur lâĂ©conomie mondiale. NĂ©anmoins, nous ne pouvons que constater que les effets quâont engendrĂ©s toutes ces craintes, ont impactĂ© la confiance des acteurs de lâĂ©conomie, avec pour consĂ©quence, des rĂ©percussions Ă la baisse sur la croissance mondiale que nous constatons et que la plupart des Ă©conomistes anticipent pour 2019. Aussi, nous nâĂ©piloguerons pas plus sur cette annĂ©e 2018, durant laquelle, pour une fois, il aurait fallu ne pas faire tout ce qui touchait au bon sens. Or, le bon sens est selon nous, une des qualitĂ©s indispensables Ă tout bon gestionnaire dâactifs, qui Ă un moment donnĂ© de 2018 sâest repliĂ© sur des actifs dits « peu risquĂ©s » tout en conservant ses actions amĂ©ricaines. Mais force est de constater, que les deux vecteurs de baisse de lâannĂ©e 2018 se trouvent aussi bien dans les piĂštres performances des actifs soi-disant « non ou peu-risquĂ©s » (classe obligataire), que dans lâeffondrement au cours du dernier trimestre des actions de tous les pays, USA compris. Le tableau ci-aprĂšs donne un aperçu des performances des diffĂ©rentes classes dâactifs sur lâannĂ©e Ă©coulĂ©e :

En complĂ©ment, le tableau ci-aprĂšs, issu dâune Ă©tude de Natixis publiĂ©e vendredi 4 janvier, illustre clairement la dĂ©convenue des performances des classes obligataires en 2018 (hors obligations dâĂ©tats) alors que les taux de dĂ©faut des emprunts sont pourtant restĂ©s bas :

Une Ă©tude de la banque GOLDMAN SACHS, publiĂ©e le 3 janvier 2019, montre quant Ă elle, le degrĂ© de performance de lâannĂ©e 2018, qui fut mauvaise pour les investisseurs multi classes dâactifs. Les deux graphiques ci-dessous, extraits de cette Ă©tude, lâillustrent prĂ©cisĂ©ment. , Le premier est un aperçu de la performance sur un an dâun portefeuille 60/40 (actions/obligations) dans les 3 rĂ©gions USA, Europe et Japon (exhibit 7),

Le  second exprime la proportion de 24 principaux actifs financiers qui durant lâannĂ©e 2018, ont produit une performance infĂ©rieure Ă celle du T-Bill amĂ©ricain sur un an (exhibit 4).
 
Contexte actuel (07/01/2019) :Â … alors quelles perspectives pour 2019Â ?
En ce dĂ©but 2019, un consensus semblent se dĂ©gager, sur des sujets comme les craintes liĂ©es Ă la croissance mondiale (3.3% en 2019 vs. 3.7% en 2018), avec notamment un ralentissement de la croissance US (2.6% en 2019 vs 3% en 2018) et un flĂ©chissement de la croissance en zone euro (1.6% en 2019 vs 1.9% en 2018). Le fait que les marchĂ©s actions soient passĂ©s en « bear markets » (tendance baissiĂšre), celui que la FED montera moins ses taux en 2019 (2 hausses anticipĂ©es maintenant contre 4 il y a quelques mois) et surtout que la volatilitĂ© va perdurer. Un autre consensus, plus positif, semble aussi se dĂ©gager, Ă savoir que la crainte dâune rĂ©cession ne soit pas au menu de 2019 : le prĂ©sident de la FED lâa lui-mĂȘme mentionnĂ© lors dâune intervention dans un colloque vendredi 4 janvier.
Les craintes des investisseurs restent cependant figĂ©es dans la continuitĂ© de celle de 2018 et sont principalement dâordre politique (retour du populisme, Ă©lections europĂ©enne, gĂ©opolitique, brexitâŠ), et commercial (conflits entre les USA et la Chine ou lâEurope, crainte de protectionnisme). A cela, il faut ajouter les tweets de Trump qui restent un facteur important de stress pour les marchĂ©s. Malheureusement aucune rĂ©solution de nouvelle annĂ©e nâa Ă©tĂ© prise par leur initiateur pour en faire baisser le nombre et augmenter la qualitĂ©, alors quâon en dĂ©nombre dĂ©jĂ trop depuis le dĂ©but de lâannĂ©e Ă propos du mur et du « shutdown ». Enfin, les consĂ©quences de la normalisation des politiques monĂ©taires de la FED et de la BCE restent Ă©galement au centre des prĂ©occupations. Mais lĂ encore, le prĂ©sident de la FED sâest montrĂ© vendredi 4 janvier plus flexible que ne le considĂšre le consensus.
A propos des taux, il apparaĂźt que deux principaux facteurs plaident pour une continuitĂ© de la hausse des taux amĂ©ricains, tels les besoins liĂ©s Ă lâaugmentation des dĂ©penses de lâadministration Trump et la baisse de la demande dâobligations US. Cette derniĂšre est une consĂ©quence de la fin de la politique de QE de la FED et de la moindre demande des gouvernements Ă©trangers. NĂ©anmoins, en cette fin dâannĂ©e 2018, le mouvement sâest plutĂŽt fait Ă contresens, principalement en raison de lâafflux dâachats de dettes amĂ©ricaines, en guise de protection face Ă la baisse des marchĂ©s financiers et pour compenser les sorties massives des marchĂ©s actions (« Fly to quality »). Par ailleurs, le regain de lâinflation outre atlantique, consĂ©quence du niveau Ă©levĂ© dâemploi, pourrait aussi avoir un impact sur le niveau des taux US en 2019.
En ce qui concerne les marchĂ©s actions, lâambiance semble plutĂŽt contrastĂ©e. Dâun cĂŽtĂ©, un sentiment global considĂšre que la plupart des indices boursiers sont dans une tendance baissiĂšre, poussant les intervenants de marchĂ©s a plutĂŽt se positionner en « risk off ». Tandis que dâun autre cĂŽtĂ©, une bonne partie des analystes pensent que les marchĂ©s actions pourraient monter en mĂȘme temps que les taux. Ces derniers privilĂ©gient les actions « values » qui montrent des multiples de valorisations intĂ©ressants. Nous constatons aussi que la « cherté » des marchĂ©s actions nâest plus le sujet Ă dĂ©battre, mais plutĂŽt quels secteurs et zones gĂ©ographiques Ă privilĂ©gier, car force est de constater, paradoxalement, que les actions restent encore aux yeux de la plupart des analystes la classe dâactifs susceptible dâoffrir le meilleur retour sur investissement en 2019.
Que penser du contexte actuel ? Faut-il suivre le consensus âŠ
En 2018, le consensus a eu raison le premier mois, pour ensuite sâenliser dans les mĂ©andres de lâincertitude et de la volatilitĂ©. En sera-t-il de mĂȘme pour 2019 ? En ce dĂ©but dâannĂ©e, le consensus est plutĂŽt morose, voire fortement nĂ©gatif, et les intervenants de marchĂ©s ont rĂ©duit leur exposition au risque dans les derniĂšres semaines, se prĂ©parant au pire.
Il est vrai que le dernier trimestre de 2018 a Ă©tĂ© fortement dommageable pour la plupart des classes dâactifs, en dehors des obligations dâĂ©tats, qui ont jouĂ© leur rĂŽle dâactifs de retranchement Ă plein. Ainsi, les investisseurs ont arbitrĂ© des actifs dits « risqué », Ă forts potentiels de gains (mais aussi de pertes), pour se positionner sur des actifs (obligations dâĂ©tats US ou europĂ©ennes) offrant de faibles rentabilitĂ©s sur le long terme. MĂȘme si nous comprenons les raisons qui poussent les investisseurs Ă agir de la sorte, nous pensons que ce type de mouvement est, dans un contexte actuel de hausse des taux et de fin de QE, beaucoup plus risquĂ© quâil ne lâa Ă©tĂ© auparavant.
Ce mouvement a pu paraĂźtre justifiĂ© et avisĂ© pour ceux qui lâont initiĂ© en septembre, ces derniers ayant alors Ă©vitĂ© la pĂ©riode avec la plus forte baisse de tous les actifs financiers de lâannĂ©e 2018, y compris la baisse des taux des emprunts dâĂ©tats. Mais pour ceux qui ont rĂ©alisĂ© ce mouvement en dĂ©cembre, nous pensons quâun tel pari pourrait sâavĂ©rer plus compliquĂ©, Ă plusieurs titres :
a/ Le risque dâune hausse des taux, ne serait-ce que pour les raisons Ă©noncĂ©es ci-avant, est plus prĂ©sent en ce dĂ©but 2019, notamment avec les taux Allemands proche de 0, et les taux US 10 ans proches de ceux du 2 ans. La rĂ©cente baisse de ces taux Ă©tant principalement due Ă un phĂ©nomĂšne de protection des investisseurs, nous pensons quâils devraient revenir vers des niveaux plus raisonnablement hauts (0.3/0.5% pour le Bund et 3% pour le T-Bonds)
b/ Le risque de se retrouver principalement dĂ©tenteur dâactifs sans rendement dans un contexte de fort rebond des marchĂ©s actions, qui pourrait intervenir soit Ă la suite dâun dĂ©gel des relations sino-amĂ©ricaines, soit dâun rebond technique intervenant aprĂšs la forte baisse des marchĂ©s actions durant ces trois derniers mois.
Nous comprenons donc que de telles prises de positions sont liĂ©es au stress qui entoure les marchĂ©s financiers en cette fin dâannĂ©e 2018. Les tweets du prĂ©sident Trump essayant dâinfluencer le prĂ©sident de la FED de ne pas remonter ses taux, mi-dĂ©cembre, ont dâailleurs failli nous convaincre de capituler et de baisser lâexposition aux risques des portefeuilles en cette fin dâannĂ©e. En effet, Trump a prouvĂ© encore une fois quâil nâen faisait quâĂ sa tĂȘte, sans rĂ©flĂ©chir quâen contraignant le prĂ©sident de la FED, il le forçait Ă adopter un ton qui devait montrer au monde quâil nâĂ©tait pas Ă sa botte dans le but de prĂ©server son indĂ©pendance. Les effets de ce tweet sur les marchĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©vastateurs, mais au final, rien ne sâest passĂ©, dĂ©montrant encore une fois que « le chien aboie, la caravane passe ! ». Cette phrase rĂ©sume trĂšs bien lâannĂ©e 2018, au cours de laquelle les marchĂ©s ont passĂ© la plupart de leur temps Ă se faire peur et se convaincre que tout nâallait pas bien, alors que la rĂ©alitĂ© Ă©tait autre. LâĂ©conomie sâest globalement bien comportĂ©e en 2018. NĂ©anmoins, ce sentiment a eu des implications, car des investissements nâont pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă cause de ces incertitudes. Mais, ne devrions-nous pas considĂ©rer quâen fin de compte, le marchĂ© pourrait dĂ©jĂ , en considĂ©rant les niveaux bas actuels, avoir anticipĂ© le pire de ce que le consensus attend pour 2019 ?
Que penser du contexte actuel ? ⊠ou plutÎt aller contre le vent ?
Notre sentiment en ce dĂ©but dâannĂ©e va dans ce sens, non pas que nous devions ignorer toutes les craintes, mais que nous pensons que celles-ci se retrouvent aujourdâhui complĂštement incluse dans les niveaux des prix actuels des marchĂ©s actions et obligataires. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas anticiper que les marchĂ©s actions puissent aller encore plus bas, reflĂ©tant alors lâaspect « bear markets » que le consensus semble vouloir valider. NĂ©anmoins, Ă ce jour, nous pensons quâil faut conserver le niveau des actifs risquĂ©s qui composent les portefeuilles, dans une proportion en actions supĂ©rieure Ă la neutralitĂ©.
En effet, si les marchés actions sont entrés dans un « bear market », il est de notoriété que ceux-ci sont caractérisés par des mouvements de consolidation assez violent, à la hausse. Aussi, un fort rebond, faisant suite dans ce cas à la premiÚre phase de la baisse qui serait intervenue depuis fin septembre, est alors fortement probable dans un avenir proche, et nous ne voudrions pas la manquer.
Sinon, une autre hypothĂšse serait que nous venions de finir une jambe de baisse dâune tendance haussiĂšre de long terme.
Ce qui nous parait nĂ©anmoins Ă©vident, est que nous avons vu au cours de ces deux derniĂšres semaines, quelques journĂ©es Ă 3/5% de hausse sur les marchĂ©s actions, et que dâautres sont fortement probables. Aussi, ne pas ĂȘtre investi en actions ne permettrait pas dâen saisir lâopportunitĂ©.
Pour notre part, nous continuons de penser que les marchĂ©s ont Ă©tĂ© trop nerveux, et ont cherchĂ© toutes les raisons pour vendre. Cependant, nous pensons que ce mouvement est en train de sâessouffler. Nous estimons que les craintes que nous avons dĂ©crites ci-avant sont certes rĂ©elles, mais quâelles ont Ă©tĂ© largement surexploitĂ©es et anticipĂ©es Ă prĂ©sent, et que surtout certaines dâentre elles risquent de ne pas se rĂ©aliser, comme la guerre commerciale entre la Chine et les USA par exemple. Aussi, les investisseurs qui ont vendu ou fortement baisser leurs positions en actions, risquent de se retrouver sous exposĂ©s dans cette classe dâactifs si leurs prĂ©dictions ne se rĂ©alisent pas. Dans le cas oĂč les marchĂ©s actions repartiraient Ă la hausse, et potentiellement en mĂȘme temps quâune remontĂ©e des taux des emprunts dâĂ©tats, le positionnement ultra-dĂ©fensif dans lequel ces investisseurs se sont placĂ©s serait fortement mis Ă mal, et pourrait les contraindre Ă dĂ©faire leurs positions. Ce sera sĂ»rement dans cette phase lĂ que nous baisserons alors notre exposition aux risques, afin de ramener lâexposition en actions vers un niveau de neutralitĂ© (neutralitĂ© veut dire pour nous que si le maximum dâexposition en actions pour un portefeuille SRRI3 est de 40%, alors lâexposition en action sera ramenĂ©e de 30% Ă lâheure actuelle Ă 20%).
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