Note de septembre 2018

Note de septembre 2018

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Note de septembre 2018

Contexte actuel (03/09/2018) :  Une rentrée contrastée …

L’été ne fut pas aussi chaud qu’on l’avait prédit, et, en dehors de la période agitée aux alentours du 15 août à cause de la Turquie, les marchés se sont plutôt, pas trop mal comportés. En tête de liste, et toujours aussi surprenant (ou pas !), les marchés américains finissent le mois d’août sur des plus hauts historiques. Le S&P500 gagne +6,74% depuis le 30/06, et le Dow Jones +6,98% sur la même période tout en étant plus très loin de son plus haut atteint en janvier 2018. Tandis que, les indices européens ont plutôt fait du sur-place non sans avoir joué aux montagnes russes. Néanmoins, le CAC a progressé de +1,57% depuis le 30/06 (+1,77% depuis le début de l’année hors dividendes) et l’Eurostoxx50 a diminué de -0,32% (-3,34% hors dividendes depuis le début de l’année). Le Dollar contre Euro a tenté une incursion vers les 1,13 au moment de la mini-crise turque, pour finalement revenir d’où il était parti fin juin, au-delà des 1,15.

En fait, la période estivale ne s’est pas démarquée de ce que nous avons vécu depuis le début de l’année, c’est-à-dire, des marchés hyper nerveux, réagissant dans un premier temps de façon épidermique à certains types de nouvelles, pour ensuite revenir progressivement sur leurs niveaux initiaux. Il est vrai que les intervenants de marchés restent tendus dans un contexte où les tensions commerciales demeurent, où les économistes s’interrogent sur le degré de maturité des cycles économiques, et où le décalage entre les Etats-Unis et l’Europe, ainsi qu’avec les pays émergents, est de plus en plus grand.

À ces craintes, il faut ajouter un comportement du président Trump toujours aussi intempestif, continuant sa stratégie déstabilisatrice dans les différentes négociations commerciales, et se permettant même des critiques envers la FED, en essayant d’empiéter sur son indépendance. Sur ce dernier point, rendons hommage à Mr Powell qui reste droit dans ses bottes et qui maintient que la FED continuera d’accompagner la croissance américaine et conservera sa stratégie pour ne pas donner de faux messages aux marchés. Deux hausses des taux américains sont donc attendues d’ici la fin de l’année.

Contexte actuel (03/09/2018) :  … avec toujours autant de doutes et d’espoirs

Pour continuer avec les doutes des opérateurs de marchés, les marchés émergents restent au centre de leurs préoccupations, avec la Chine qui doit gérer le ralentissement de sa croissance tout en ayant une faible marge de manœuvre sur ses taux, les élections au Brésil dans un contexte de dette qui explose, la dégradation de la devise turque, la récession en Argentine, les problèmes au Venezuela… Cela entraîne une hausse de la défiance vis-à-vis des marchés émergents, d’autant plus que les marchés se demandent comment la Chine va pouvoir maintenir son niveau de croissance et trouver un niveau d’entente avec les Etats-Unis. Certes, les Etats-Unis sont en position de force dans les renégociations commerciales qu’ils mènent, mais les investisseurs se demandent quelles en seront leurs répercussions ainsi que pour les hausses de droits de douane à venir quels seront les impacts pour les consommateurs. En Europe, l’Italie continue de préoccuper, l’issue incertaine du Brexit revient avec l’échéance des négociations qui approchent, et les récents propos de Trump en prémices aux futures négociations commerciales avec l’Europe inquiètent, alors qu’on les pensait en bonne voie après la visite du président de la CEE aux USA en juillet.

D’un autre côté, la macro et la microéconomie restent favorable aux Etats-Unis, la croissance au 2eme trimestre ayant été révisée à 4,2% contre 4,1% avec l’inflation qui se maintien autour de 2%. Cette situation permet au président de la FED de maintenir sa politique de hausse de taux tout en se donnant la possibilité de l’adapter face à une hausse de l’inflation ou une crise. En Europe, les publications des entreprises pour le second trimestre ont plutôt été bonnes, et malgré quelques chiffres macroéconomiques légèrement inférieurs à ceux publier à la période précédente, la tendance reste néanmoins bien orientée sur ses hauts.

Que penser du contexte actuel ? Des marchés trop politiques et qui cherchent à se faire peur …

Comme nous l’avons décrit ci-avant, les marchés sont fortement contrastés et perturbés aussi bien par des faits politiques (Italie, Turquie…), que par le comportement d’un homme en situation de force qui n’hésite pas à abuser de sa position dominante. En conséquence, ces faits peuvent avoir des répercussions directement sur les économies des pays ou continents concernés. Ce contraste réside principalement dans l’insolente santé de l’économie américaine, illustrée par des bons chiffres macroéconomiques, et par ses indices actions sur leurs plus hauts, alors que le reste du monde, reste à la traine. Cette différence entre les marchés US et les autres devient telle qu’on en vient pour la énième fois, et peut être enfin la bonne, à se demander si cela va perdurer ou non. Pour nous, la réponse à cette question dépend fortement de la persistance de la force du dollar face à l’euro ou aux devises émergentes, et aussi si l’on pense ou non que 2019 sera l’année d’inflexion de la croissance US.

Sur ce dernier point, nous pensons qu’effectivement l’année 2019 sera forcément celle où les investisseurs se poseront la question sur le niveau de maturité du présent cycle économique pour les US. Pour nous la réponse sera soit le constat d’une inflexion dans la tendance à un moment donné de 2019, soit l’anticipation de cette inflexion, dans les deux cas, la tendance actuelle se retournera alors. Mais d’ici là, nous pensons que les marchés US auront surement l’occasion de continuer leur ascension vers de nouveaux plus hauts avant la fin de l’année, et ce, toujours en grande partie grâce aux valeurs technologiques, et aux effets qui ont amenés jusqu’ici la valorisation des actions US à performer (mesures fiscales, croissance des bénéfices, rachats d’actions…). Aussi, nous pensons qu’il est encore trop tôt pour se poser la question de sortir des actions US pour acheter/renforcer ses positions en actions européenne ou émergentes, car à court terme, nous pensons que les USA mènent le jeu en imposant leur rythme et timing dans les négociations commerciales. Cela ne veut pas dire qu’il faille exclure de renforcer ou initier des positions en actions européennes ou émergentes. En ce qui concerne les actions émergentes, nous trouvons que c’est encore un tout petit peu tôt pour en acheter, car il reste potentiellement une dernière phase de consolidation.

Que penser du contexte actuel ? … mais qui conservent toujours un potentiel haussier.

Néanmoins, notre choix sur cette classe d’actifs se porterait sur des fonds Asie hors Chine car cette zone présente moins de soucis que l’Amérique du Sud, d’autant plus qu’elle ne contient pas la Chine, qui est le pays présentant trop d’incertitudes à nos yeux, ayant à relancer son économie sans faire marcher le crédit à outrance, tout en ayant à gérer des menaces de barrières douanière avec son plus gros partenaire. En ce qui concerne l’écart de valorisation entre les marchés actions US et les marchés Européens, il n’est pas loin de son plus haut de 2008, Nous trouvons difficile à justifier un tel écart malgré l’ambiance (trop de risques politiques en Europe), les tendances actuelles et les différences des données macroéconomiques (croissance moyenne en Europe de 2% contre 4,2% aux USA par exemple…).

Aussi, les investisseurs hésitent donc de nouveau à maintenir ou augmenter la part du risque (exposition en actions) dans leurs allocations, car soit ils craignent les répercussions d’une guerre commerciale, soit ils pensent que les marchés qui sont sur leurs plus hauts entraîneront les autres dans leur baisse. Nous n’avons malheureusement que peu d’exposition aux marchés US dans nos allocations, car nous les pensions, à tort, trop chers. Aussi, sur leurs niveaux actuels, nous avons du mal à inciter d’y aller, même si nous pensons qu’ils peuvent continuer de performer d’ici la fin de l’année ou les élections de « Mid Term». En revanche, nous pensons qu’il faut maintenir, voire légèrement renforcer l’exposition en actions, car nous pensons, sans vouloir paraphraser Giraudoux, que la guerre commerciale n’aura pas lieu ! En effet, pour le moment, les USA ont souvent montré les crocs pour amener les contreparties à la table des négociations, mais jusqu’à présent, exception faite du Canada, les négociations se sont terminées sans bain de sang, et en préservant les intérêts de chaque partie, même si, les USA en ont naturellement profité pour rééquilibrer les choses en leur faveur. Nous ne pouvons pas blâmer Trump de chercher un juste équilibre pour son pays, quand les échanges ne se font pas spécialement de façon équitable. En revanche, comme nous l’avons déjà dit, nous pouvons le blâmer sur sa façon de procéder, d’autant plus que cela est fait purement par ambition politique et déstabilise les marchés financiers.

Que penser du contexte actuel ? La guerre commerciale n’aura pas lieu !

Aussi, quand nous analysons le conflit actuel avec la Chine, nous constatons qu’elle n’est pas la mieux positionnée dans cette bataille. En effet, les chiffres ne parlent pas pour elle : Les USA importent environ 500b$ de Chine et exportent environ 135b$ vers la Chine, soit un déficit de 375b$ ! Par ailleurs, comme nous l’avons spécifié précédemment, la Chine doit gérer un ralentissement de sa croissance et ne peut plus trop le compenser par une politique de crédit agressive. Enfin, elle ne peut pas user de pression sur ses achats de dette US, comme instrument de répression, car en étant une forte détentrice, elle se tirerait une balle dans le pied. D’un autre côté, Trump n’a pas intérêt à détruire ou trop affaiblir la Chine, car cela aurait des répercussions négatives sur la croissance mondiale et sur son pays. Alors que cherche-t-il ? Pour nous il a trois buts. Le premier est électoral, les renégociations des accord commerciaux lui permettront de justifier son action auprès de ses électeurs en faveur de leur pays (America’s first). Le second est surement de faire ouvrir la Chine un peu plus aux investisseur US, et le troisième, thème évoquée par Pascal Bernachon (DGD de KBL Richelieu) que nous trouvons pertinent, est qu’il essaye potentiellement de ralentir le développement des technologies Chinoises qui viendront concurrencer les grandes entreprise US. Il ne pourra pas empêcher le développement de la technologie Chinoise qui depuis pas mal de temps, ne se borne plus à copier mais à inventer. Or s’il peut ralentir cette progression, cela donnera un répit supplémentaire aux entreprises de techno américaines dans la course qu’elles se livrent avec les entreprises de technologies Chinoises.

En ce qui concerne les négociations avec l’Europe, nous n’avons pas de certitudes, mais comme pour la Chine, nous pensons qu’aucune des parties n’a intérêt à ouvrir une guerre commerciale. Aussi, nous pensons que les marchés continuent de jouer à se faire peur par mesure de précaution. Il y a, selon nous, en considérant qu’une bonne partie des craintes anticipées sont dans la baisse des cours des indices des marchés actions émergents et européens de ce début septembre, potentiellement plus de bonnes nouvelles à venir que de mauvaise.

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